Non, avec Trump 2.0, le monde n’est pas devenu soudainement plus viril, ni plus brutal

Publié le par Richard Hanna

Il l’était déjà. Ce qui change, c’est qu’il n’y a plus d’euphémisme ou de petites cachotteries, c’est l’avènement peut-être d’une certaine franchise. Ce qui change ou plutôt va perdurer, c’est que les minorités, les personnes racisées ou LGBTQIA+ vont sans doute davantage souffrir en étant exclues de la « grande marche du monde ».

Et que dire des gazaouis, dont le sort s’est mué en cadeau d’investiture de Netanyahu à Trump pour lui acheter ses faveurs, alors que le plan de cessez le feu et d’échange des otages était sur la table depuis des mois !

En 1992, au sommet pour la Terre à Rio, Georges Bush 1er annonçait déjà que « The American lifestyle is non-negotiable ». Au final, pas grand-chose n’a changé depuis. En 2025, le mode de vie américain n’est toujours pas négociable, malgré l’enregistrement cette année de +1,5 degrés de température par rapport à l’ère préindustrielle et à l’extermination massif de la biodiversité à cause des activités humaines.

Quel est le plan en 2025 ? Compétition, puissance, montrer qui a la plus grosse. Comment ? Certes, comme en 2017, sortir immédiatement de l’Accord de Paris, mais ça c’est la goutte de pétrole qui cache le gisement. Poursuivre voire accélérer des logiques coloniales et il ne s’agit pas seulement d’annexer le canal de Panama ou le Groenland comme le promet Trump, c’est aussi comme le milliardaire l’assène : « dig, dig, dig... » (creuser, creuser, creuser…), s’accaparer des terres, s’accaparer des ressources et asservir les peuples. Logiques coloniales mais aussi logiques accélérationnalistes avec l’aide de la technosphère (et l’industrie spatiale privée gérée par les mêmes).

Que pouvons-nous y faire ? Certaines voix s’élèvent pour dénoncer nos « faiblesses » et les désirs de décroissance, alors qu’on est dans une compétition mondiale face à des gros morceaux que sont les USA, la Russie et la Chine. Et bien, prenons le contre-pied et sortons de cette compétition morbide qui de toute façon nous envoie dans le mur. Alors, mettons des grains de sable pour enrouer la machine, quittons nos jobs bien payés qui contribuent à la destruction du monde, freinons l’accélérationnisme technologique qui contribue d’une manière ou d’une autre au capitalisme faschiste.

En mode facile, ça commence par quoi ? Lever le pied dans votre activité salarié, faites vous licencier ou négociez un départ pour bénéficier des allocations afin de rejoindre ou développer une activité qui a plus de sens.