Publié le par Richard Hanna
Après mon expérience à la Dinum, j'avais deux rêves que j'ai pu réalisé : faire un tour de France de quelques tiers lieux qui tentent d'imaginer un mode de vie plus soutenable et réaliser un jeu vidéo tout public pour sensibiliser aux impacts environnementaux et sociétaux du numérique.
Je continue dans la voie de la sensibilisation à travers le jeu vidéo avec la publication du jeu Antidote dont lequel vous incarnez une personne chargée de plaidoyer dans une association anti-pesticide qui doit se battre face aux lobbyistes industriels contre la réautorisation de pesticides. J'attends également le financement (ou pas) de l'aide à l'écriture du CNC, Centre national du cinéma et de l'image animée, pour mon projet de jeu que j'ai appelé "The community" et qui traitera précisément de la vie dans des tiers-lieux ou dans des habitats partagés, en marge du capitalisme.
En ce milieu d'année 2026, entre deux vagues de chaleurs, l'une inédite par sa précocité, l'autre inédite par son ampleur, et avec une activité professionnelle sévèrement au ralenti dans un contexte économique morose où peut-être l'IA a sa part (mais en fait c'est difficile encore à dire), ... un doux rêve ne me quitte plus. Un projet qui a beaucoup de sens. Bon pour la planète, bon pour les êtres humains. Une ressourcerie, rémployeuse d'objets et pourquoi pas réemployeuse de personnes éloignées de l'emploi. Au moins, un lieu qui créé et développe les liens sociaux, l'entraide, la réparation et le réemploi.
Et ce projet, je l'imagine chez moi, dans ma ville, à Chelles en Seine-et-Marne. D'une part, parce que je suis très attaché à cette ville, où mes enfants grandissent, et qui connait un écosystème riche en initiatives. D'autre part, parce qu'il n'y a pas à proprement parler de ressourcerie, dans une ville comptant près de 60 000 habitants. Il y a bien la ressourcerie / friperie du Secours Populaire, mais c'est ouvert qu'en semaine, portée admirablement par les bénévoles et il faut bien le reconnaitre, tout le monde ne va pas au Secours Populaire ! Moi-même j'ignorais que les boutiques de réemploi étaient ouvertes au tout public.
Et bien, cela fait plusieurs années qu'on en parle avec d'autres chellois. Une entrepreneuse avait pour projet une ressourcerie dédiée au réemploi de meubles. Je la contacte pour savoir où elle en est dans son projet. Je contacte les proches du tiers-lieux Les Ciboulettes et de l'AMAP que je cotois. Quelques réactions très positives. Je propose une réunion de réflexion à la fin du mois de juin.
En attendant, cherchons ce qu'il y a comme assos de réemploi autour. Tiens, une association ressourcerie ouvre deux samedis par mois, c'est à 20 minutes à vélo et je décide d'y aller. Je rencontre la fondatrice et elle a la gentillesse de répondre à mes questions pendant près d'une heure. C'est une petite ressourcerie de 100 m2 tenue uniquement par des bénévoles, surtout des retraités. Mais ils souffrent du manque d'espace et d'être placé à l'étage avec un escalier ancien à gravir. Je prends les conseils et beaucoup de contacts.
Je poste sur Coopalabre, l'intranet de Coopaname, pour demander qui a déjà l'expérience d'avoir lancer une ressourcerie. La bouteille à la mer a trouvé vite une réponse, avec Philomène qui me raconte l'aventure d'une ressourcerie à Rambouillet qui est devenue énorme, avec 80 salariés et 6 boutiques dans différents villages !
C'est parti pour contacter tous les acteurs du territoire : la communauté d'agglomération, le syndicat de traitement des déchets, l'agent à la mairie qui s'occupe de l'économie circulaire. Cette personne me donne très vite une idée de quelques locaux disponibles, mais tous très petits et parfois avec un loyer cher ! Je vais voir les centres sociaux de la commune, les espaces de proximité et j'échange avec les salariés et les personnes de passage, accueil positif. Je reprends contact avec un enseignant, économiste et responsable de la chaire Économie sociale et solidaire de l’Université Gustave Eiffel qui a travaillé sur les sujets des ressourceries. Je contacte le REFER, Réseau francilien du réemploi avec qui j'ai un agréable échange. En résumé, pour démarrer, il ne faut pas rester seul, et on peut le faire sans local, à travers les ressourceries éphémères, la collecte et la vente sur des stands lors d'évènements. Cela peut faire rentrer des sous pour que l'association puisse s'élancer.
Hasard du calendrier ou signe du destin ? La communauté d'agglomération organise un évènement dédié aux déchets et au réemploi... Je l'apprends la veille au soir. Plus le temps de m'inscrire, j'y vais directement. J'y rencontre plein d'acteurs institutionnels, des assos dédiées à l'économie sociale et solidaire ou à l'économie circulaire... et aussi la M2IE, association avec qui j'avais échangé il y quelques années. Ils font du biodéchets, du compostage mais aussi... l'entretien des espaces verts à travers l'insertion par l'emploi. Enfin, ils créent des nouveaux vélos en réutilisant des anciens.
Il y a quelques années une initiative de Repair Café avait lieu au tiers-lieu les Ciboulettes. On me recommande Troisième main, une asso de repair café qui se tient à Courtry. Je contacte la présidente de l'asso. Ils font un atelier repair café ce samedi ? Ok, j'y vais. C'est impressionnant, beaucoup de monde. 15 bénévoles réparateurs dans l'association. Ils étaient en train de réparer une machine à café, un pulvérisateur haute pression, un lave-vaisselle, une télévision, un vélo... Et surtout de la bonne humeur, une super ambiance, des liens inter-générationnels entre jeunes et retraités. Exactement ce dont j'ai envie pour ma ressourcerie.
Selon notamment l'observatoire des ressourceries du Refer :
Si vous avez des idées ou l'expérience d'un tel projet, n'hésitez pas à me contacter !